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vendredi 08 janvier 2016

Commentaires

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Bruno Riou

J'invite tous ceux qui sont intéressés par les retours d'expérience à consulter le site http://link.springer.com/journal/13341/6/1/page/1 où sont accessibles, librement, une série d'articles sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint Denis. Vous y trouverez des réponses à certaines des questions posées dans les commentaires précédents.
Bruno Riou
Rédacteur en chef des Annales Françaises de médecine d'urgence

docteurdu16

Je réponds avec retard au professeur Claris.
Je m'appelle donc JC Grange, je suis médecin généraliste, j'exerce, j'écris sur la médecine générale et sur la médecine en général :http://docteurdu16.blogspot.fr/ .
Pour le problème de l'anonymat : réglé.
Pour le reste : l'omerta. Pourquoi l'hôpital de garde (Bichat) ce soir là n'a reçu aucun malade ? Pourquoi d'autres services ont été débordés ? Pourquoi des services sans réputation particulière sont-ils devenus des pôles d'excellence par magie ?
Fermez le ban.
nous ne saurons rien. Restez où vous êtes dans votre mandarinat d'ivoire.
Bonne journée.

lieutaud

Bonjour
Il est tout de même assez surprenant que les grands professeurs d'université n'aient pas conscience de l'asymétrie relationnelle qu'il y a entre ceux qui détiennent une position d'autorité reconnue et les autres manants, praticiens hospitaliers, et autres soignants anonymes de la médecine qu'ils savent convoquer quand les besoins de l'unanimité de façade de l'actualité s'en fait sentir. Hervé Maisonneuve a bien fait remarquer que les co-auteurs anonymes n'avaient probablement pas tous donné leur accord formel pour publication. Il existe un chapitre qui s'appelle aknowledgement, mais c'était moins sexy.
Cette asymétrie relationnelle à la vérité, énoncée, par ceux qui ont le pouvoir dans un champs de compétence est pourtant un problème de sociologie élémentaire. Des corpus entiers en sont remplis et nos gouvernants actuels les craignent eu égard aux dernier propos du premier ministre sur les excuses de la sociologie. Nos deux professeurs correspondant (Pr Riou et Claris) s'en émeuvent sont dans la même enigme.
Sinon, ayant relu attentivement les données et expériences qui ont été fournies ou relatées, celles ci mettent en évidence au moins deux choses. Etait il pertinent d'adresser plus de 30% des patients les plus graves dans un seul hopital qui dans le même temps recevait 10% des "moins" graves ? Est ce que cet adressage correspondait à ce qui avait été choisi dans le temps de la procédure de simulation expérimentale préalablement faite le même jour ?
Ensuite on retiendra de cet évènement et de la façon dont les protagonistes se sont racontés dans les papiers du Lancet et du NEJM qu'aucune mention des coûts n'est faite. La satisfaction du devoir accompli, et elle est importante pour tous les protagonsites, n'a jamais questionné la dépense médicale. Mais une fois le soufflet retombé, on peut s'interroger sur la souffrance au travail des acteurs de santé qui affecte 40% des PH quand cette question va reprendre le devant de la scène. Tout cela ouvre des questions intéressantes en tout cas.
Un praticien hospitalier, anonyme

Lanot

En préambule félicitation à toutes les équipes publiques, militaires, pompiers et même si on n'en a pas parlé le privé, oui oui nous nous sommes mobilisé dans le cadre du plan blanc.
Au delà de ce constat méritoire il est légitime de se poser des questions, de débriefer ce qui a très bien fonctionner ce qui n’a pas bien fonctionner voir pas fonctionné du tout.
Ce n’est pas critiquer ce qui c’est passé mais c’est se préparer pour l’avenir en améliorant les procès. C’est la bonne démarche d’évaluation gestion des risques comme on nous l’a appris pour les EPP, l’accréditation etc.…...
Pour preuve l’ARS IF avec tous les professionnels de toutes obédiences revoit le plan blanc au vu de ce qui c’est passé et des menaces potentiels.
Bien que mobilisé le privé (médecins/établissements) n’a pas été sollicité que ce soit le 13 ni les jours suivant où nous aurions put délester les hôpitaux de premières lignes de leur surcharge de travail en prenant en charge certains patients moins urgents qui ont du attendre plusieurs jours avant d’être opéré. Ce qui aurait pu contribuer à leur retour plus précoce à leur domicile et pouvait « atténuer le traumatisme ».
C’est dire si il y a encore du potentiel sous la chaussure.
Une fois encore ceci n’est pas une critique de ce qui c’est passé qui est exceptionnel, mais il faut être prêt, en tous cas encore mieux se préparer, à l’imprévisible.
Dr Pierre Lanot MAR du privé

Pr Olivier Claris

Oui l'APHP n' a pas le monopole de l'efficacité, oui il y a certainement eu des erreurs qui seront débriefées.
Mais ce que les professionnels de l'APHP ont réalisé, en collaboration avec les militaires et d'autres, est remarquable et exemplaire, et mérite nos remerciements.
C'est trop facile de critiquer surtout avec le courage de l'anonymat, pour lequel je n'ai vraiment aucune estime.
Et pourquoi toujours des procès d'intention, de la suspicion?
Certes la fraude scientifique existe et nous devons lutter contre elle, mais attention aux amalgames.
Olivier Claris président de la CME des Hospices Civils de Lyon

docteurdu16

Bonjour,
Cette polémique est tout à fait salutaire car elle montre combien le système hiérarchico-mandarinal de l'AP-HP fonctionne jusque dans les protestations. Mais heureusement que tout le monde ne se laisse pas faire.
J'aimerais pourtant, et j'ai eu des témoignages personnels, impubliables puisque leurs auteurs font partie du sérail et que cela mettrait leur carière en difficulté, des fautes majeures qui se sont produites dans l'organisation des secours après les attentats de ce noir vendredi. Ce n'est pas mettre en cause la bonne volonté, la solidarité, le dévouement, que sais-je d'autre ?, de toutes ces femmes et ces hommes qui ont soigné, pris en charge, apaisé, qui ont agi comme des médecins, des infirmiers, des aides-soignants, agissent quand il le faut que de dire que certaines choses se sont mal passées (qui l'écrira dans le Lancet ?) et qu'il serait urgent qu'on en tienne compte.
La confraternité ne signifie pas qu'il faille la fermer pour vanter l'excellence d ela médecine française (dont personne ne dit plus que c'est la meilleure du monde).
Bonne soirée.

HM2

Il ne s'agit pas de critiquer l'excellence de la médecine française, mais de souligner les manquements aux règles de publication de cet article, sa partialité et son caractère davantage publicitaire que scientifique. L'article du New England Journal of Medicine sur le même sujet est bien plus complet, soulignant beaucoup mieux que le point de vue du Lancet l'élan de solidarité de tous les professionnels qui se sont mobilisés pour faire face à l'horreur. L'AP-HP n'a pas eu le monopole de l'efficacité. Il faut féliciter tout le monde.

P Mayran

Je trouve l'article du Lancet remarquable, même si on peut toujours faire mieux ; quand j'en parle autour de moi c'est pour souligner l'excellence et l'exemplarité du système français de médecine d'urgence. Alors, l'ordre des auteurs est-ce que ça n'est pas juste, pour une fois, du pédantisme ? Car le sujet est grave et sensible. Je retiendrai toujours la leçon du massacre de Charlie Hebdo. Il y a eu deux sortes de commentateurs, selon la façon dont ils plaçaient le "mais" : ceux qui disaient "je n'ai rien contre Charlie, MAIS je reconnais que leurs propos peuvent choquer" ; et ceux qui disaient "les propos de Charlie me choquent parfois, MAIS je soutiendrai toujours la liberté des journalistes". Donc, à mes yeux, une position responsable serait de dire : "Cet article a certes été publié dans des délais qui interrogent et la liste des auteurs peut surprendre certains, MAIS c'est une grande fierté de voir notre médecine d'urgence mondialement reconnue et un grand réconfort de constater la solidarité de la communauté médicale internationale".
Soyons vigilants et responsables quand nous lâchons des critiques acerbes sur la médecine française, ces conflits un peu "corporatistes" peuvent nourrir des thèses pas forcément bienveillantes.
P Mayran

HM2

En réponse au prêchi-prêcha de M. RN, quelques questions. Pourquoi ce point de vue en forme d'auto-glorification (pas de conflits d'intérêts ?) dont la publication a été facilitée par un cardiologue peu impliqué dans le sujet de l'article ne dit-il pas, par exemple que 18 % des blessés ont été pris en charge par les hôpitaux militaires ? Pourquoi ne parle-t-il pas du travail des cellules d'urgence médico-psychologiques, alors que deux psychiatres sont signataires du texte ? SI on voit bien ce qui a été rédigé par le patron du SAMU, l'urgentiste ou le chirurgien, peut-on savoir quelles sont les phrases rédigées par le directeur général de l'AP-HP ? Quelles sont les phrases rédigées par le cardiologue ? Quelles sont les phrases rédigées par les psychiatres ? Etc. Il est dit que chaque auteur a contribué de façon équivalente !

Maisonneuve

Il faut calmer le jeu, car des conflits larvés vont être observés plusieurs années. Je rejoins la suggestion d'un collègue : "Une correction est indispensable pour mettre de l'ordre entre les auteurs en ajoutant des auteurs légitimes oubliés, en enlevant les auteurs cadeaux. Ce serait l'occasion, comme l'a fait le NEJM, de citer les militaires, voire de les remercier. Le rôle de chaque auteur serait précisé (notion de collaborateurs)".

C'est à ce prix qu'une paix sociale reviendrait. La sagesse connue du DG devrait imposer une correction. Il existe des critères d'auteurs ICMJE (bien qu'ils s'appliquent mal à ce bon article).
Je conseille la lecture du livre suggéré par R Nizard, que je remercie.
Je crois que l'anonymat des commentaires, auquel j'ai toujours été opposé, est utile dans certaines situations.
HM

Remy Nizard

Monsieur,
Je ne sais si vous vous souvenez mais nous nous connaissons car j’ai travaillé sous votre direction à l’ANAES dans le cadre de la réalisation des recommandations de pratique (à l’époque imposable). Nous avons même un papier commun que nous avons co-signé dans la Revue du Rhumatisme.
Comme Bruno Riou, je témoigne sur l’implication de l’ensemble des auteurs y compris Martin Hirsch et sur le travail remarquable d’Antoine Lafont.
Le doute scientifique est un fondement de notre fonctionnement, il est légitime. La suspicion systématique de l’honnêteté des uns et des autres difficile est à cautionner surtout quand les preuves n’ont pas été recherchées comme dans tout bon travail scientifique ; elle est un élément destructeur de notre société et en particulier en France. Pour y réfléchir, je vous renvoie à l’ouvrage de Yann Algan, Pierre Cahuc, André Zylberberg : La fabrique de la défiance.
Rémy Nizard

Bruno Riou

En tant que co-auteur, je peux témoigner que Martin Hirsch a effectivement participé à la rédaction de cet article et ne peux en aucun cas être qualifié d'auteur honoraire. Je peux également témoigner que, sans Antoine Laffont, ce papier n'aurait jamais vu le jour et qu'il a parfaitement justifié son rôle d'auteur correspondant.
N'ayant que peu d'estime pour les lettres anonymes, permettez-moi de signer ce commentaire.
Bruno Riou

Opportunisme déplacé...

L'opportunité - ou l'opportunisme!

Cet article du Lancet est lamentable.
Qu'un cardiologue soit l'auteur correspondant, à l'origine de cette publication devrait suffire à vous faire comprendre... Certes il y a eu 3 infarctus ce soir là, était-ce pour autant une soirée exceptionnelle sur le plan cardiologique?

Le premier auteur est un auteur honoraire évidemment, tout comme 95 % des autres ajouté sur la fin pour éviter un incident diplomatique. Seuls 3 ont participé à l'écriture de cet article, qui mériterait surement plus sa place dans Paris Match.

Rien à voir avec le papier du NEJM, qui lui est bien écrit, honnête, et sans auteurs cadeaux.

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