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samedi 05 octobre 2013

Commentaires

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Sylvain Bernès

La principale critique faite au sujet de l'article de John Bohannon en dit long sur l'état de putréfaction avancée dans lequel se trouve l'édition académique. Les lecteurs et blogueurs, qui sont, pour la très grande majorité d'entre eux, du "métier" (le style et les tournures de phrases trahissent immédiatement les trolls et les égarés) exigent de la "méthode", un "groupe de contrôle", bref, de la science dure, du solide... Honnêtement, ont-ils des doutes sur les résultats d'un groupe de contrôle pour cette "expérience"??? Si c'est le cas, alors plus aucune revue n'est crédible!
En fait, je suppose que John Bohannon n'avait aucunement l'intention d'écrire un article à caractère scientifique. Il voulait plutôt démontrer une bonne fois pour toutes un secret de Polichinelle: une fraction majoritaire de l'OA est basée sur un gros mensonge, à savoir un travail de «peer review» réduit à rien du tout. En termes moins fleuris, OMICS et consorts, c'est d'la m... On le savait déjà, et à présent, on le sait encore mieux. Nous voilà bien avancés!
Franchement, je ne vois pas trop comment critiquer la méthodologie appliquée par John Bohannon. A la limite, on pourrait plutôt discuter de l'utilité de son article. Soit dit en passant, il semble que l'article soit parfaitement en phase avec le personnage. D'après ce qu'en dit Wikipédia, il est biologiste, journaliste scientifique et danseur. "Bohannon is probably best known for creating the Dance Your PhD competition, in which scientists from all around the world interpret their doctoral dissertations in dance form." http://en.wikipedia.org/wiki/John_Bohannon
Ceci dit, les vrais journaux devraient se méfier et réagir au plus vite. Car s'ils sont emportés par la vague d'incrédulité qui va balayer l'OA, que restera-t-il? Rien. Juste un exemple, pris chez Elsevier: «Tetrahedron Letters» est un journal sérieux, respectable et respecté, publié depuis plus de 50 ans, avec un public parfaitement ciblé, un facteur d'impact normal, entre 2 et 3. Or, depuis deux ou trois ans, il est la cible d'attaques répétées, probablement justifiées. Oui, on y trouve des choses un peu étonnantes, des réactions non reproductibles, des rendements de synthèse de 98% qui s'avèrent être 9.8% (baaah, un "point" de différence, qu'importe si la méthodologie est correcte), des tableaux avec 30 réactions dont seulement les deux premières ont été effectivement réalisées, etc. Un fake, ça va, deux fakes, bonjour les dégâts!
J'ai parfois la tentation, un peu narcissique il est vrai, de préparer une jolie lettre pour le courrier des lecteurs de Nature ou Science. En substance, je rendrais publique ma décision d'arrêter de publier à partir du 1er janvier 2014, pour une période de deux ou trois ans, avec l'espoir de voir la situation s'arranger durant ce moratoire. Après tout, on peut participer à un travail, et même rédiger tout l'article, sans pour autant y figurer comme auteur. Le protocole de Vancouver détermine qui sont les co-auteurs d’un article, et non pas qui ne l'est pas. Oui, l'argument est tiré par les cheveux, mais ça serait l'idée: refuser de cautionner un système éditorial qui s'effondre, sans pour autant s'arrêter de travailler.

Jeanloupmorin

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